N-pul serf ici", disait Froissart...
 et effectivement , tout serf ou esclave, ayant eu un an et un jour de résidence dans 
la ville, devenait libre, jouissait des mêmes privilèges que les bourgeois et était affranchi 
du droit de morte main. 
T-pous les habitants de Valenciennes étaient donc libres et ne pouvaient être jugés que 
par leur prévôt et les échevins qu'ils nommaient.
L-pe droit d asile ou de refuge aurait été, c'est la tradition qui le rapporte, accordé à 
Valenciennes au IVème siècle par l'empereur VALENTINIEN-1ER
Valentinien, qui aurait dit-on trouvé ce moyen pour 
faciliter l'installation d'une population nombreuse 
dans cette ville qu'il aurait faite restaurer...

C-pertains pensent donc que le fondateur de Valenciennes 
fut Valentinien le Grand (ou son plus jeune fils) et que le nom de Valencianna serait 
corrompu de Valentiniana. 
J-pacques de Guise écrit dans son Histoire du Hainaut qu'il restaura la ville de 
Valenciennes en 293, cette date est cependant improbable compte tenu de la 
naissance du dit Valentinien établie en 321 en Pannonie

VESPA-2Il aurait fondé l’hôpital du Castel Saint-Jean* sur 
l’actuelle place du Marché aux Herbes où se tenait 
auparavant un temple dédié à la déesse Vesta. 
Les vestales chargées du service du temple auraient 
adjoint à leurs fonctions le soin des soldats romains qui 
défendaient la frontière toute proche.
V-palentinien, fervent promoteur du Christianisme aurait fait rasé le temple et 
l’aurait remplacé par une chapelle dédiée à la sainte Vierge. 
I-pl aurait créé en outre l’Hôtellerie Saint-Jean ABBAYE ST JEAN Croy tome IV comté du hainaut 1 region npdc
destinée à soigner les malades. 

D-p'autres pensaient que la ville avait pris le nom 
Valentiane de son fondateur nommé Valens. Mais, 
Valentinianus est lui même un nom dérivé du latin valens 
qui veut dire fort, vigoureux... 

O-pn sait avec certitude qu'effectivement c'est à 
Ambianum (Amiens) en Gaule Belgique où Valentinien 1er était malade qu'il proclama
 son fils Empereur le 24 août 367 (2)...
I-pls vécurent donc bien dans nos contrées...

O-pn discutera et même on refusera d'admettre cette origine, elle n'est cependant pas 
invraisemblable et mérite autant de considération que bien d'autres...
E-pn réalité, l'acte le plus ancien que l'on ai trouvé, et dans lequel le nom de 
Valenciennes soit mentionné (document toujours conservé en original) date de l'hiver 
693. On y lit la formule "Valencianis in palacio nostro"... (À Valenciennes, en notre palais) 
c'est le premier jalon sourcé sur la longue route de l'histoire de cette ville...
A-puparavant, c'est Famars qui avait la prédominance et, jusqu'au Xe siècle, les vieilles 
chartes situeront Valenciennes "in pago Fanomartensi"... (dans le pays de Famars).

Q-puoi qu'il en soit, on connait l'existence de franchises Valenciennoises bien avant la 
charte communale de 1114 ou celle de la confrérie de la Halle Basse qui date de 
1067 et qui est considérée comme le prélude de la loi communale de Valenciennes

C-pe droit d'asile s'appliquait aux serfs étrangers BAGARRES
homicides et débiteurs, qu'on ne pouvait plus 
poursuivre sitôt qu'ils étaient entrés dans la ville...
pourvu qu'ils fussent catholiques, d'Oultreman nous dit que 
cette franchise se donnait aussi aux étrangers ayant blessé 
quelqu'un ou commis un homicide , et qu'ils devaient 
demander la jouissance de ce privilège étant hors de la 
banlieue, ils ne pouvaient entrer dans la ville avant de 
l'avoir obtenue du magistrat, mais s'il était poursuivi par ses adversaires et contraint de 
se sauver dans la ville, alors il pouvait entrer dans l'église Saint-Pierre , en criant à 
haute voix "Franchise, franchise". 
A-pprès un an et un jour, ainsi affranchis, ils pouvaient prétendre à devenir Bourgeois 
de Valenciennes. Leurs seigneurs ayant laissé, par la force des choses, écouler ce 
délai, y perdaient leurs droits.
A-pla suite de son séjour, le demandeur avait cependant quelques formalités à accomplir

SERMENT BOURGEOISIl devait être accompagné de deux Bourgeois de Valenciennes, 
et se présenter devant le Prévôt ou son Suppléant pour 
répondre à une série de questions. 

Après son acquiescement le Magistrat faisait prêter au 
nouveau Bourgeois, main levée en direction de l'Abbaye 
de St Jean (où se trouvait des reliques célèbres) le serment ci-après, 
recueilli d'après un registre des Choses communes
O-pTTEL serment que le Comte Jehan fist de la paix à tenir je le tiendray, ainsy m'aide 
Dieu, Saint Jehan et les aultres ; sy promect de comparoir par devant la justice pour 
faire et porter bon et léal tesmoignage d'entre homme et homme, femme et femme, et 
homme et femme, touttefois que requis seray ; aussy de comparoir à touttes scemonces de 
Conseil et de celler tout ce qu'il y sera dict audict Conseil et de dénuncher les ennemis de 
la ville sy avant que le polray sçavoir."
P-puis le Prévôt reprenait :
"Cy jurés, par vostre foy et serment, que vous porterés loyal tesmoignage entre 
homme et homme, femme et femme, homme et femme, femme et homme, partout où vous 
serés requis". Enfin il lui faisait jurer que "s'il sçavoit en quelque tampz nul grief, 
contratiété, ne villenie aulcune au corps de la ville, ne as Prouvos ne Jurés, quiconques 
le soient, il venroit en leur ayde et confort ; et s'il ne pouvoit venir il leur feroit sçavoir 
le plus brief qu'il pourroit."
I-pl est à noter aussi, et nous verrons plus loin combien c'est important, que d'après la 
loi communale, tout fils de Bourgeois ayant atteint 15 ans révolus, était tenu lui aussi
de "jurer la paix".
A-pprès son passage à l'état de Bourgeois, le serf ou le forain devait payer à partir de 
1497 un droit d'entrée au profit de la commune. 
En échange et à partir de ce moment-là la commune lui devait aide et protection...
I-pl était admis au partage des franchises dont jouissaient les enfants de la cité et ces 
franchises étaient si considérables qu'elles excitaient la jalousie des autres villes 
du Hainaut.
M-pais cela ne suffisait pas, de plus, le Bourgeois de Valenciennes était affranchi de 
maintes redevances, onéreuses et vexatoires de vinage, pontenage ... dans toute 
l'étendue du chef-lieu.
I-pl pouvait en outre porter des armes de guerre alors RICHES-BOURGEOIS-p
que cette autorisation était refusée à tous les 
habitants du Hainaut. 
I-pl faut bien dire les choses comme elle sont, devant la 
puissante bourgeoisie valenciennoise, le Grand Bailli 
du Hainaut lui-même était sans pouvoir dans bien des cas...
C-par en effet... l'égalité la plus complète entre les 
citoyens existait devant la loi, mais pas toujours en ce 
qui concernait les moeurs... 
I-pl y avait une caste patricienne composée de Bourgeois enrichis par le négoce, "qui 
ne faisoit aucun refus de s'allier avec les nobles, espousant leurs enfans et leur 
donnant réciproquement leurs filles en mariage".
M-pais ces roturiers, d'après d'Oultreman avaient l'orgueil de dédaigner QUAROUBLE-BANQUET-2
les titres "ceux d'entre-eux qui avoient été anoblis, chérissoient tant 
GOUCHEZ--le-banquet-2le titre de Bourgeois qu'ils ne l'oublioient jamais et aimoient bien d'estre 
qualifiés "honnorables" plutôt que "nobles". Simon de Marly, Jean PARTY-BANQUET-2
son fils, Jean de Valenciennes, Jean de Quarouble, Jean Gouchez, 
Jacques Party, Jean Bougier et beaucoup d'autre semblables furent chevaliers, qui,
en tous leurs contrats et actes publics s'appelèrent toujours Bourgeois de Valenciennes".
I-pls recueillaient l'appui de la population en prodiguant au peuple fêtes et spectacles 
somptueux et en se montrant intraitables sur le fait des franchises de la ville.

L-pes charges et offices de Valenciennes n'étaient donnés qu'à des bourgeois qui 
pouvaient être armés en tous lieux D'Oultreman rapporte à ce sujet qu'en 1332, 
Thomas de Vertaing, prévôt de Maubeuge, ayant ordonné à un nommé Thomas Foriez 
de mettre l'épée bas , d'après l'édit du prince qui défendait le port d'armes partout le 
Hainaut, ce dernier répondit que "my pour Seigneur, mi pour plainte il ne l'osterait pas, 
étant bourgeois de Valentiennes". 
L-pe prévôt l'ayant arrêté, comme contrevenant aux lois du pays, fut obligé de le 
relâcher aussitôt par ordre du prince...
P-par exception remarquable dans le Hainaut juqu'aux XIIIéme siècle, encore qu'il ne 
disparut vraiment qu'en 1455 lorsqu'il fut aboli par le duc de Bourgogne qui, ayant 
DUEL JUDICIAIREassisté au dernier avait été "écoeuré par le spectacle"
les bourgeois avaient par privilège droit au duel 
judiciaire pour les larcins et plus tard pour les 
homicides, L'appelant pouvait être la partie lésée, un 
parent de la victime ou un champion, en particulier 
pour les femmes et devait avoir été admis à jouir de la franchise de la ville.
Il appartenait alors aux parents de la victime de se présenter devant le magistrat soutenir 
qu'il n' avait pas droit à ce privilège, car ses actes étaient "vilains" et offraient alors de 
le prouver par le duel judicière...
L-pe combat se passait en grande pompe après publication de bans et suivait un rituel 
très précis. 
O-pn distingue parfaitement que les nobles ne bénéficient d'aucun régime de faveur, et 
la plupart des condamnations des "afforains" ne les concernent que "pour che qu'ils 
n'étoient pas bourgois ne fil de bourgois" qui se sentaient suffisament puissants pour ne 
pas envier d'autres titres et pour traiter d'égal à égal avec les personnages de la plus 
haute condition...
A-pinsi, si la charte de 1114 prévoyait que les chevaliers et écuyers étaient justiciables 
"aussi" de leurs seigneurs, les bourgeois eux ne l'étaient que de leur tribunal et 
leurs échevins et l'article 13 va jusqu'à appliquer au comte lui-même la justice échevinale...
L-pes sept familles les plus puissantes et les plus influentes des bourgeois de 
Valenciennes possésaient les sept "maisons fortes" qui avaient privilège d'asile, et 
où aucun, même le premier magistrat n'avait autorité de faire arrêter un coupable quelque 
soit le délit qui lui était reproché( aboli en 1337 par Guillaume II de Hainaut)
C-pependant, ils n'avaient pas le droit d'exploiter ou même de posséder des tavernes ou 
brasseries à moins d'une lieue au-delà des limites du territoire valenciennois... 
D-pe la même manière, ils ne pouvaient quitter la ville pour aller habiter ailleurs, sans 
congé du Magistrat et ceci jusqu'au règne des Princes de la Maison d'Autriche. 
C-pette disposition particulière était un legs des temps carolingiens, en effet 
Charlemagne disait dans son testament "que nul homme franc, subject ou vassal d'un 
des roys ses enfans, ne peust quitter son seigneur pour aller servir l'autre ou demeurer en 
ses terres et que celui-cy se gardast bien de le recevoir".
L-pes bourgeois de Valenciennes ne pouvaient, en outre, être arrêtés en aucun lieu pour 
dettes, ni leurs biens sequestrés sous le moindre prétexte. 
U-pn autre droit bien plus arbitraire était l'abatis des maisons ou adjours...On en trouve 
déjà les traces dans les capitulaires de Charlemagne et dans l'interdictio tecti des 
Romains...
C-pette peine de l'abbatis de maison était la seule qui s'exerçait en dehors des limites 
de la juridiction de la ville... c'était presque un fait de guerre... en tous les cas un 
acte de vengeance communale basée avant tout sur la solidarité des bourgeois du 
moyen age
C-par en effet l'abbatis pouvait être infligé à celui qui, élu prévôt ou juré, refusait 
d'accepter la fonction échevinale, c'était le résultat du caractère obligatoire des 
charges municipales. Mais il le pouvait aussi à celui qui, assigné à se présenter, ne 
comparaissait pas et au fils qui, arrivé à la majorité, soit 15 ans accomplis, se refusait à 
jurer la paix...
D-pans l'ensemble, la sentence d'abbatis à toujours pour cause un outrage fait hors de
 la ville à un bourgeois de Valenciennes
A-pinsi lorsqu'un habitant des environs de la ville avait outragé , battu ou injurié un 
bourgeois, hors de la banlieue, celui-ci en portait plainte au magistrat , requérant 
justice, selon les lois et franchises de la ville, on s'assurait de sa bourgeoisie, il prêtait 
serment sur l'injure ou l'outrage reçu, et les agresseurs étaient "ajournés" solennellement 
à comparaître dans les sept jours 
A-pu début, la charte de 1114 ne prescrivait l'abattis de maison qu'à défaut de 
comparution, pour autant que que l'ajournement stipulait que " s'il avoyt maison 
devens le pais de le ville, on li abbateroit" (3), c'est plus tard au XIVè et XVè siècle que 
les juges plus sévères pour les défaillants, mentionnent l'abbatis de maison parmi les peines 
appliquées même en cas de comparution 
C-pette peine ne frappait que l'étranger, mais elle le frappait aussi puissant qu'il fut...

Les fiers bourgeois de Valenciennes ne craignaient pas d'édicter cette sentence 
contre des adversaires redoutables comme le sire de Mastaing ou le châtelain de Raismes 
et effectuaient ces expéditions à leur grand risques...
O-pn ajournait le coupable, s'il ne comparaissait pas, et même ensuite, s'il comparaissait
" on li abatoit" De là de véritables expéditions militaires, dont l'exécution était 
minutieusement réglée, mais que leurs frais et les difficultés qu'elles entraînèrent avec les 
seigneurs firent disparaître, en 1458, par ordre du duc de Bourgogne. Malgré les quelques 
abus qui résultèrent de ce droit, il n'en fut pas moins de nature à particulièrement affirmer 
et faire ressortir les privilèges des bourgeois de Valenciennes, de même que ces expéditions 
répandirent "au loin autour de la cité un prestige de respect mêlé de terreur (1)."
L-pe fait avoué les agresseurs étaient condamnés à quelque amende et à avoir leurs 
maisons abattues ; on en défendait l'aliénation jusqu'à ce que la loi fut accomplie ; et 
l'on publiait le jour où l'on irait abattre la maison du coupable. Un second ban conviait les 
gens en franchise à se présenter devant le magistrat pour se mettre à sa disposition, sauf 
excuse légitime. 
A-pu jour marqué, six échevins nommés pour cette exécution , accompagnaient les 
bourgeois tous en armes, on sortait de laPROCESSION 
ville comme en guerre, chaque connétable devant 
leurs hommes et leurs bannières respectives, 
avec tentes pour chaque métier et artillerie, 
archers, arbalestriers et bombardiers, 
s'ensuivaient les différents corps de métiers, fruitiers, porteurs au sac, barbieurs, 
deskerkeurs, nouceurs, trayeurs de vin, cabareteurs, mesureurs de blé, teinturiers de 
wide(4) et de bouillon, couvreurs de ros de gluy (5), plaqueurs, manouvriers etc...etc....
le défilé se terminait par la dernière bannière des jurés escortés de la noblesse du pays....
PROCESSION 2suivaient des chariots chargés de crocs et autres 
instruments pour tirer les bâtimens en bas , et 
des charrettes chargées de provisions de bouche.

Au but de l'expédition, on ordonnait aux 
habitants d'abandonner la maison, puis le "prévost-le-comte et celui de la ville donnoit
le premier coup, de là certaine bande qu'on appeloit les francs d'office (6), qui estoient 
destinés et gagés pour esteindre et empescher le cours des embrazements dans la ville, 
tiroient à bas la dite maison et la ruinait. 
P-puis "on afforoit solennellement vin et bières et cePROCESSION 3 par jugement et chacun se tiroit à 
cartier pour prendre son repas."
E-pn 1456, le 25 avril, on abattit deux maisons,
l'une à Bruay et l'autre à Fresnes; trois 
compagnies avec leurs bannières , sortirent de la ville à cinq heures du matin, au son des 
cloches du beffroi, ayant à leur tête le prévôt et les six échevins désignés , les archers, 
les arbalétriers , les bombardiers , les métiers suivaient, en tout 600 hommes armés et 
équipés comme pour entrer en campagne, avec trompettes et clairons. 
A-prrivés devant la maison qui devait être abattue, on fit sortir ceux qui l'habitaient, 
le prévôt donna le premier coup , ensuite les francs Justîce (6), destinés et gagés 
pour ces expéditions, abattirent la maison en peu d'instants.
E-pn 1270, à Escaupont; en 1315, à Rouvignies; en 1362 et 1414, à Denain et aussi à 
Crespin et St Saulve en 1382, en 1385 à Aulnoy; en 1453, à Verchain où l'on abattit 
la maison du maïeur et d'un èchevin... 
NICOLAS ROLLINC-pe ne fut qu'après l'abattis de la maison du châtelain de Raismes en 
1430, malgré l'intercession du souverain, et bien que la terre de 
Raismes n'apparteint pas au coupable mais à Nicolas Rollin (7), chancelier 
de Bourgogne, que cette exaction fut suspendue, puisPHILIPPE-LE-BON 
abolie par lettres patentes du duc Philippe de Bourgogne, 
du 30 mai 1458, en même temps que les duels judiciaires.
B-pien que le duc et la comtesse Jacqueline avalèrent en silence cet affront, le châtelain 
ne tarda pas à se venger, en 1433 un malheureux qui se prétendait bourgeois Valenciennois 
Gilles Aoust, qui maraudait dans le bois fut pendu et étranglé en vertu d'un jugement 
sommaire de l'office de Raismes.
L-pes bourgeois de Valenciennes partirent alors en guerre et sous la conduite 
du magistrat, 600 hommes armés allèrent dépendre son corps et brisèrent tout dans 
le bois...
A-p la suite de quoi le duc ordonna "arrest général sur corps et biens des habitants 
d'icelle ville sortant la banlieuwe"(cartulaire des contes de Hainaut, V)
I-p
e prévost et les jurés envoyèrent tous les connétables parcourir toutes les rues pour 
avertir tous les habitants qu'il y avait danger à sortir de la ville, des pourparlers 
s'en suivirent, et le 11 mai 1434, un accord fut conclu entre le procureur du duc et Nicolas 
Rollin d'une part et la ville de Valenciennes d'autre part.
P-p
our châtier l'insoumission de ses bourgeois, la ville de Valenciennes fut condamnée à 
payer 25.000 philippus d'or (8) dont 20.000 au duc et 5.000 au chancelier.
D-pe plus, Gilles Dugardin instigateur de la vengeance devait crier merciDUGARDIN-BANQUET-2 à 
monseigneur le duc ou à son prévôt-le-comte, à genoux et tête découverte, 
et accessoirement, les habitants de la ville ne pouraient plus ramasser de bois ni vert ni 
sec en forest de Raimes. 
C-pependant, il est précisé à la demande des Valenciennois que cette somme serait payée 
à titre de transaction et non d'amende. Par la suite, le duc rapporta la sentence 
d'arrêt général sur les corps et biens des bourgeois de Valenciennes et autorisa la mise en 
place d'un impôt sur le vin pour payer les 25.000 philippus.
C-p
 ette énorme somme fut versée l'année même de l'appointement, comme le stipulent les   
reçus de Nicolas Rollin, Chancelier de Raismes et Jehan Rosoir, receveur général du  
Hainaut datés de juin et juillet 1434
S-p
i besoin était encore nécessaire, cela donne une idée de la puissance financière des  
bourgeois de Valenciennes...
M-p
ais s'en était bientôt fini de ces privilèges, le Hainaut n'était plus, déjà, cette terre à 
l'autonomie séculaire...Réuni officiellement en 1433, avec les autres possessions  
bourguignonnes du Nord, Artois, Brabant, Limbourg, Flandre, Namur, Luxembourg seront  
désormais reprises sous la dénomination unique de Pays-Bas Bourguignons... 

*Dans le Castrum qui dessinait une sorte de triangle accolé à l'Escaut... d'après la tradition,  
avait été fondée une abbaye dédiée à saint Jean-Baptiste..."Cette abbaye dite de "saint  
Jean" va jouer un rôle éducatif capital - étant siège de l'écolâtrerie de notre ville jusqu'à  
la Révolution. 

La dénomination de la rue qui borde actuellement le chevet de l'église Saint-Géry, entre la 

rue de Paris et celle des Récollets, s'inspire du plus ancien des monastères de Valenciennes,

puisqu'il fut fondé au VIIème siècle. Il existait aussi une place Saint-Jean, à l'extrémité

de la rue Saint-Jacques. Le monastère comme la place ne sont plus que des souvenirs :

le premier a été démoli après la Révolution, comme beaucoup d'autres édifices religieux, et

la seconde, touchée par l'incendie géant de mai 1940, a disparu lors de la reconstruction et

du remodelage urbain du centre-ville. Sur son emplacement se dresse aujourd'hui une banque,

la Société Générale. L'abbaye Saint-Jean-Baptiste disposait, du fait de son ancienneté,

d'une certaine supériorité sur les autres institutions religieuses. Elle ne se privait pas d'en

user, d'autant qu'elle était la paroisse des souverains du Hainaut, qui y firent baptiser,

par exemple, la Comtesse Jeanne de Flandre en 1202, et qu'elle bénéficiait depuis le

XIIème siècle du droit d'écolâtrie, régissant les premières écoles qui virent le jour dans

notre ville. Saint-Jean était aussi l'église officielle de la ville : c'est sous ses voûtes que

le prévôt de la cité et les échevins viennent prêter serment avant de prendre leurs fonctions.

Et, nous dit-on, il était de tradition qu'un étranger sollicitant l'honneur de devenir bourgeois

de Valenciennes, s'engage, lors de sa réception dans la maison communale, à respecter les lois

et règlements en usage, en tournant le regard vers le clocher de Saint-Jean 

1)D'après Caffiaux, Abattis de maison à Gommegnies... (Valenciennes, 1863, in-8°, p. 27;  
cité par l'auteur, p. 280. 
2)Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Ten - Ved, Volume 51 p 413 
3) c'est à dire le territoire compris dans "la paix de la ville" limites mentionnées par  
d'Outreman et dans le livre noir qui étaient celles du chef-lieu de Valenciennes dont  
notamment, Bouchain, Ath, Leuze, Condé et le Quesnoy. 
4)teinturiers utilisant la waide ou gaiste (isatis tinctoris) pour teindre en jaune, jusqu'en  
1629 les teinturiers de Valenciennes furent divisés en deux classes, ceus de waide et ceux  
de garance (abbé Cappliez, histoire des métiers de Valenciennes et de leurs st patrons,  
Valenciennes, Giard, 1893 p 202) 
5) couvreurs de chaume 
6) pompiers de l'époque (Caffiaux, les Francs des cinq offices des feux XIIIé, XIVé et  
XVé siècles.Lille, 1869) 
7) Nicollas Rollin qui fonda les Hospices de Beaune  
8) les philippus ou clincars ou ridders valaient 50 gros, monnaie de Flandre, il reprenait le  
thème du cavalier correspondant par la symbolique à ses prétentions à la souveraineté,  
Philippe le bon en avait autorisé la frappe à Valenciennes par ordonnance donnée à Lille  
le 25 mars 1433 confirmée le 18 mai 1433, dans une lettre du duc, qui déclare "comme à  
cause de nos droicts, seigneurie, hauteur et noblesse de nos païs(...) nous appartienne de  
faire forger toutes les fois qu'il nous plaist monnoie d'or et d'argent" Le philippus servira  
d'ailleurs pour la première fois, à unifier les monnaies de l'espace politique bouguignon,  
Bourgogne, Flandre, Hainaut, Brabant (R.Chalon, rec herches sur les monnaies des comtes de  
Hainaut, Bruxelles, 1848, p37) sur les monnaies de l'époque voir aussi : 
Pour quelques deniers de plus, petit précis monétaire au temps du bon roy Charles VII : page 4
Source principale, La justice criminelle des magistrats de Valenciennes au Moyen age, Maurice 
Bauchond, Paris, 1904)