bocage l'été en avesnois

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oursuivons notre promenade à travers le bocage de l'Avesnois... par cette belle journée ensoleillée, allons par les sentes à l'ombre de nos belles haies, parcourir les lieux et le temps.... Et Vivre avec nos anciens quelques moments de vies à Taisnières en Thièrache... 

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e village de Taisnières-en-Thiérache sur l'Helpe-majeure fait partie du canton d'Avesnes-sur-Helpe situé dans le sud-est du département du Nord (Hainaut) en plein cœur du Parc naturel régional de l'Avesnois. Dans le passé il a porté les noms de Taiseneras (921), Tasnerias (1131), Taynières (1186), Tesneriis (1237), Taisnières (1245), Tesnières (1258), Taisnières (1349), puis Taisnières-les-Maroilles au XVe siècle et Taisnières en Tirasse en 1635. 

CROY-TAISNIERES petit-format

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otre belle région est connue pour ses prairies, son bocage et son relief un peu vallonné dans sa partie sud-est (début des contreforts des Ardennes), elle est souvent qualifiée de "petite Suisse du Nord".

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aisnières en Thiérache fait partie administrativement de l'Avesnois, historiquement du Hainaut et ses paysages rappellent la Thiérache dont elle porte d'ailleurs en partie le nom...

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u cours du XVIIème siècle nous y trouvons Jacques DaMerveaux et son épouse Catherine Meurant, aïeuls à la douzième génération tous deux probablement nés vers 1630 et il me plait de penser qu'ils sont peut-être ces paysans dont le peintre a immortalisé la silouhette sur ce tableau daté de la même époque

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'est au cours de l'année 1722, que nous voyons le curé amputer allégrement ce patronyme du "Da" primitif alors que la première génération signe encore Damerveaux, comme Antoine un de leur fils lors du bapteme de son petit neveu autre Antoine...

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ous ne savons que penser de ce préfixe...à quoi correspond-il, nul ne le sait actuellement....Il existait à Ormeignies entre Ath et Valenciennes, alors tous en Hainaut, Un "bois des Merveaux" où L.Demarez a prospecté un fossé à fond en cuvette contenant du matériel de La Tène III, mais je ne parviens pas à le situer sur une carte...

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n trouve aussi à l'époque où naquit Jacques vers 1630, que vivait "Africain de Warods "Baron de Merveaux", à Venlo en Gueldres (à présent dans le Limbourg). Il y a donc une baronnie "de Merveaux" à Venlo, ville qui subit la guerre de quatre vingts ans, aussi appelée révolte des Pays-Bas ou encore révolte des gueux qui est le soulèvement armé mené de 1568 (bataille de Heiligerlee) à 1648 (traité de Westphalie) contre la monarchie espagnole par les provinces s'étendant aujourd'hui sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le nord de la France....

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acques, dont nous savons qu'il est catholique, est-il natif de cette région? sa famille a-t-elle choisi de la quitter pendant cette période? Que de cette provenance on les nomma Damerveaux ou de Merveaux ? Toutes les suppositions sont possibles...encore que cette époque soit aussi terrible pour les paysans de notre région qui subit des invasions multiples et doit supporter les passages des troupes et autres malheurs si affligeants pour le peuple... Les archives paroissiales ne nous apprennent rien sur nos familles les années précédant 1666, car nous sommes au bout des registres, seule l'histoire peut nous aider à reconstituer un peu leur cadre de vie....

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l nous faut d'abord noter que tous les enfants connus de Jacques et Catherine sont nés à Taisnière...Mais aussi qu'ils étaient le seul couple Merveaux ayant des enfants fin XVIIème dans ce village...Bien que la famille fut probablement modeste, le village ne laissant guère de possibilité à l'enrichissement comme on le verra plus loin, on relève cependant avec fierté que pratiquement tous les enfants savent écrire et probablement lire, et qu'elle est attentive à transmettre les prénoms familiaux dans toutes ces branches, ainsi nous n'avons pas moins de 6 Antoine, 7 Antoine Joseph, 3 Jacques, 2 Nicolas, 2 Nicolas Joseph, chez les femmes, c'est surtout Catherine le prénom de l'aïeule qui recoit les suffrages sous différents composés...

TAISNIERE CASSINI CENSE DELCOURT

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aisnière en Thiérache... la bien nommée, car les frontières administratives et politiques, qui divisent l’Avesnois-Thiérache ne brisent pas l’unité et le caractère exceptionnel de ce territoire marqueté par le bocage.Ces deux petits pays; l’Avesnois du Nord et la Thiérache de l’Aisne n’en font qu’un...

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osée sur la rivière d'Helpe, elle était avec Noyelles-sur-Sambre, Marbaix et Maroilles, un des quatre villages de la terre de St Humbert de Maroilles, où le couvent possédait, avec l'église, trente manses, les terres labourables, les prairies, les serfs, la forêt et généralement tout ce qui y était afférent...

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n en trouve la preuve dans une charte de Charles le Simple datée du 7 ou 8 des ides de janvier 921 (6 ou 7 janvier 922) qui affecta spécialement ces localités, avec toutes leurs dépendances, à la table des frères "Tradimus eidem monasterio ...Maricolas....et Taisneras...Nous allons voir, que dès lors, et pendant des siècles ce petit coin de terre Avesnoise sera l'objet des soins constants des plus grands...

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iéthard, évèque de Cambrai, confirma, à la même abbaye de Maroilles, par charte de 1131, la possession du village de Taisnières, avec l'église, la brasserie, le moulin, les bois, les prés, les serfs des deux sexes, et toute l'avouerie... 

MOULIN TAISNIERE

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ur la vue des Albums de Croÿ, à la fin du XVIe siècle, un moulin est toujours visible le long de l'Helpe Majeure. Celui conservé actuellement date des années 1760, il appartenait aussi à l'abbaye de Maroilles, construite en bois à l’origine, la vantellerie a été refaite en pierre de taille en 1772, date encore gravée sur une pierre. C’est une des plus belles de l’Avesnois, très typique de notre belle région. Le moulin avait deux roues actionnant chacune une meule, puis une troisième meule vers 1885. Elles ont été remplacées en 1894 par une turbine de 25 CV, qui sera démontée en 1972. L’arrêt définitif de l’activité eut lieu en 1979, mais on n’y faisait plus que de la mouture pour les animaux, avec broyeur mû par l’électricité (Jean Bruggeman ARAM NPDC)

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n ce temps là...la cloche de Tainières possédait un pré appelé : "el pré d'el cloque", dont le produit servait à la rétribution du clerc de la paroisse, qui était chargé de la sonner (la cloche) à "jou fali", c'est à dire à la tombée du jour. Cette donation du XIIème siècle résultait de ce qu'un riche personnage s'étant égaré dans un bois voisin, n'avait pu retrouver son chemin que grâce à la cloche du village dont le son l'avait guidé pour sortir de cette forêt où il pensa un moment périr...

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ne sentence arbitrale de l'évêque Guy (1), de la même année, dite "escrit des pasturaiges", confirma pour les droits de l'abbaye, l'antique ordonnance parfois datée du VIIème siècle, qui prescrivait aux habitants de convertir le lait de leurs vaches en fromage le 24 juin, jour de la Saint Jean-Baptiste. Cent jours plus tard, le 1er octobre, jour de la Saint Rémy, ils devaient, selon le même écrit remettre les fromages aux commis de l’abbaye...

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'est lorsque qu'il confirma cette ordonnance par l'arrêt de 1245, qu'il changea le nom du fromage de "Craquegnon" qu'il portait alors en "Maro Lalo" en l’honneur du village pour être au fil du temps rebaptisé en "maroilles".

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n 1356, la Cour de Mons rappelle la redevance du « Fromage à la vache » : « Tout li manant et habitant ens dittes villes qui avoient vache donnant laye devoient et estoient tenus lesdites biestes donnoient en cestiennes nuit Saint Jean Baptiste, faire fromage et ychiaux porter ou envoyer lendemain à l’église de cescune ville Saint Humbert, u as lieux acccoutumés et délivrer as comis u députés en che cas dudit labbet, et on otel manière à cestienne nuit el jour saint Remy. » 

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l semble donc qu’il fallait, déjà à cette époque, prés de trois mois pour obtenir un bon Maroilles...Mais cela démontre surtout que ce fromage ne fut jamais fabriqué par les moines mais pour les moines par les habitants des villages de la terre de St Humbert, dont Taisnière faisait partie...

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os ancêtres de Taisnière furent donc probablement producteurs de Maroilles au même titre que les autres habitants de ces villages...
Longtemps, sa fabrication se cantonne à notre région du sud de l’Avesnois, puis à la Thiérache toute entière...

FROISSART-Cour-du-Palais-du

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e Maroilles fut ensuite introduit dans les cours seigneuriales et devint même un met royal. Froissart, le chroniqueur qui est né pas loin d'ici, à Valenciennes, pouvait écrire au seuil de ses Chroniques du XIVème siècle : « Adonc était le Royaume de France, gras, plein et dru, et les gens riches et puissants de grand avoir, ni on n'y savait parler de nulle guerre. »

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n voit l'Intendant de l'empereur Charles-Quint (2) s’inquiéter de son transport pour qu’il soit présent sur la table royale en temps et en heure. Il fut d'ailleurs apprécié par de nombreux rois de France, de Philippe Auguste à Louis XI et François 1er, mais le maroilles a surtout été le péché mignon d’Henri IV  le bon vivant qui entra dans la vie avec le goût de l’ail et du Jurançon aux lèvres et dont les chroniqueurs rapportent qu’il se délectait de maroilles, ainsi que Turenne quand il mit le siège devant Landrecies...

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n très érudit enfant de Maroilles, Monsieur Albert-Léon Ruelle, qui a fouillé toutes les archives, a relevé les itinéraires glorieux du maroilles vers la Cour de France et la Cour d’Espagne...Il a retrouvé des traces de son passage sur la table des grand prélats de reims et de Laon... de Liège... de Maestricht... de Cologne... de Trèves... de Mayence, et d’abord, bien entendu, de Cambrai dont nous sommes les diocésains, 

Fénelon par Joseph Vivien

Fénelon, l’archevêque si populaire dans le Cambrésis, visita l’abbaye fromagère en 1699.(3) 

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ais... ce fromage ne voyage pas bien, c'est pourquoi on trouve aussi «le Gris de Lille», le «Vieux Gris» ou encore «Vieux Lille» qui n'a de Lillois que le nom, car en effet dès l'origine c'est un "Maroilles" fabriqué chez nous. On le faisait macérer deux fois pendant trois mois dans la saumure, puis affiné plus longuement - 5 à 6 mois -, il se conserve de fait plus longtemps que le maroilles. À l'origine, il était fabriqué pour l'hiver, période de l'année où on ne trouvait ni lait ni fromage... 

VIEUX LILLE

 

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our le transport, ce fromage était mis en saumure au départ afin d'en assurer une meilleure conservation, il était dessalé à son arrivée à Lens ou à Lille, ce qui lui donnait son aspect, sans croûte, de couleur grisâtre à odeur légèrement ammoniacale, son goût est plus prononcé, plus salé et un peu piquant. et contribue à cette appellation de «Vieux Lille» ou «Vieux Gris»...
Aujourd'hui plus simplement ces fromages sont un peu plus salés, placés dans des caves où l’humidité est un peu plus importante, ce qui va favoriser le développement du «gras».

CAVE D'AFFINAGE DE MAROILLES

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outes les caves d'affinage de Maroilles, sont maçonnées en briques, avec un sol pavé en terre cuite, et des canaux de réception de l’eau, afin d’écouler l’humidité. La brique, qui est une véritable «pompe à eau», favorise la conservation d’une humidité importante dans la cave, dans une région dont l’importance des précipitations n'est pas anodine. Ainsi, nous savons que nos ancêtres habitaient forcément des maisons sur caves ayant ces caractéristiques ...

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e pape Grégoire IX, par une bulle de 1238, avait assuré, lui aussi, à la même abbaye, la possession de tous les biens qu'elle possédait à Taisnières. 

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ne charte, appelée loi des villages de St-Humbert, établie en 1245, avec l'assentiment des religieux de Maroilles et de leurs vassaux, témoigne que Taisnière en Thièrache jouissait alors des franchises communales, d'après cette loi de paix donnée pour la terre de St Humbert, son administration municipale devait être composée d'un mayeur, de sept échevins et de 8 jurés...

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e 17 septembre 1258, par une sentence de l'évèque de Cambrai Nicolas de Fontaine, les habitants de Taisnières ont été condamnés à payer :

PAYSANS


La poule dite de l'évêque 
Le terrage sur les prés, quand on les laboure 
Le cens quand on ne les laboure pas 
La moitié du prix des maisons couvertes en paille
Une gerbe par 3 mencaudées de terres ensemencées en grains.

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e même prélat décida, à la même date, que les habitants de Taisnières, outre le paiement des poules ou gelines, devaient encore acquitter les corvées d'hommes et de chevaux qu'ils devaient à l'abbaye
En 1279 Henri le Frère et sa femme, donnèrent au monastère, une partie du moulin de Taisnières avec d'autres biens.

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n 1492, suite au décés de la Duchesse Marie de Bourgogne et au terme du traité d'Arras en 1482, Taisnières en Thiérache alors sous l'influence du duché de Bourgogne, fut mis sous la sauvegarde de François de Bourbon-Vendôme.(4)
C'est en 1601 que la commune de Taisnières vendit à l'abbaye de Maroilles, un warechaix nommé "la pâture de Ste-Catherine" ou "du moulin",que l'abbaye avait payée ; mais, parce que l'autorisation nécessaire n'avait pas été demandée et par conséquent pas obtenue, en 1687, cette pâture fut rendue à la commune qui en restitua le prix, en vertu d'une ordonnance de l'intendant de la province.
Cette annèe là l'abbaye donna à bail pour six ans, à Evrard, le moulin banal de Taisnières...

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e gouvernement français de La Capelle détruisit en 1638 les forts de Trou-Féron et de l'Ecluse. Mais ses troupes victorieuses furent décimées par la peste... de fait, les Espagnols pénètrent en Picardie et s'emparent de diverses places.

FERME en ruine, BEAUFRERE Adolphe Marie 1907

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our continuer ce mouvement offensif, après avoir réquisitionné les terres de leurs adversaires, ils exigent de l'argent et des soldats de leurs propres villages ; Taisnières-en-Thiéraché fournit 37 hommes pour sa part lors de la prise de La Capelle, le pays est encore une fois ravagé...

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es Français reviennent ; ils brûlent le grand Floyon... dévastent toute la contrée et s'emparent de la Lobiette, Glageon, Trélon, Berlaimont, Solre-le-Château, Maubeuge et Beaumont... Beaucoup de gens abandonnent les frontières, comme les Picards avaient fait eux-mêmes, et se réfugient dans les villes de l'intérieur de la Belgique, jusqu'en Hollande...

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ans des temps déjà fort éloignés, il existait sur la rive droite de l'Helpe-Majeure, entre la cense dite la Grande-Court et l'église paroissiale, une maison de quelque apparence nommée la Petite Court, assise an milieu des aisemens communaux ou pâtures de ville, sur un monticule appuyé contre la rivière et formé à force de bras et à grands frais, de terres rapportées pour élever le sol au dessus du niveau des plus fortes inondations , cette maison semblait avoir été bâtie en cet endroit, dans un but d'utilité publique...

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out porte à croire , en effet, que ce fut moins une ferme qu'une maison forte destinée à protéger à la fois la cense seigneuriale et le corps du village. Cependant, on manque de renseignemens précis à cet égard.

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ais ce qui est plus certain , c'est que les batiments de la Petite Court, brûlés et entièrement détruits , comme les autres habitations de la localité , par les troupes de Henri II, en 1552 et 1554, n'offraient plus , en 1639 , qu'un monceau de décombres... Le terrain , évidemment d'origine communale, était aussi devenu une propriété particulière...

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ela avait commencé dans ces époques troubles d'alors, où les brigandages apportaient autant de misère que les invasions ennemies, et tandis que dans cette partie méridionale du Hainaut, sur la frontière de France, on élevait partout des retranchemens afin de résister aux bandes organisées pour le pillage et la dévastation des campagnes où elles portaient l'épouvante et la mort, il était naturel que , de leur côté les habitants de Taisnières pensent à compléter leurs pauvres moyens de défense... 

Construction de la tour

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ussi, immédiatement après la paix du Câteau-Cambrésis en 1539, les bailly, mayeur et eschevins et la plus grande et saine partie des manants , habitants et communauté du village de Taisnières , se réunirent, en assemblée générale, pour délibérer et aviser sur cet objet important... 

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ls convinrent unanimement "qu'une petite pasture nommée la Petite Court, tenant de trois côtés aux aisements et à la rivière... estoit fort duisable ( convenable) à la ditte ville pour èdiffier ung fort pour retirer les mannans d'icelle ville et leurs bestiaulx durant la guerre"

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ls firent aussitôt les diligences nécessaires pour en obtenir la propriété par voie d'échange. Cet arrangement ne fut pas plutôt ratifié par le massart, dans un acte du 25 juillet 1559 , qu'on se mit à l'œuvre...

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n poussa les travaux avec une telle activité qu'au bout de quelques années, on voyait, sur l'emplacement de la Petite Court, une espèce de forteresse formant un carré régulier de 50 mètres de côté , et dont les épaisses murailles, renforcées par des terrassemens en forme de parapets , étaient entourées d'un large et profond fossé plein d'eau où passait le ruisseau des Viviers avant de se jeter dansl'Helpe.

FORT DE TAISNIERE

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e fort proprement dit, sorte de grosse tour quadrangulaire très massive que l'on apperçoit nettement au premier plan de la vue de l'album de Croy daté de 1601, avait des souterrains, des meurtrières et des créneaux. Cette tour occupait, sur l'éminence, la partie la plus occidentale de l'enclos, et, du côté opposé , se trouvait une cour vaste et creuse, réservée pour les bestiaux , qu'on appelait pour cela "la basse cour". 

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n entrait dans l'enceinte fortifiée par un pont-levis placé vers l'angle N.-O aboutissant à une petite chaussée de 7 mètres de largeur, établie à partir du grand pont, sur la digue de la rivière , pour l'exploitation des pâtures de ville.

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es habitants trouvèrent souvent leur salut dans ce fort qui , pendant plus d'un siècle , fut toujours leur refuge, en cas de danger. Bien des fois ils furent attaqués dans cette retraite et même quelquefois très-vivement. On peut citer principalement le 8 août 1657 l'attaque d'un détachement de soldats irlandais venus de Maroilles pour surprendre et forcer le fort qu'ils n'abandonnèrent qu'après avoir obtenu , par composition , la somme de 56 livres , prélevée sur les taxes extraordinaires des bestiaux. Jacques notre aieul était-il présent? peut-être y avait-il trouvé refuge avec ses parents dont nous ne connaissons malheureusement rien...

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 partir de la réunion du village de Taisnières à la France par le traité des Pyrénées en 1659 , le fort ne fut plus que rarement utilisé...On finit même par ne plus s'en occuper , et, à la longue les murailles , faute de réparation, s'écroulèrent dans les fossés. En 1706 et 1708, la commune donna en location moyennant 50 liv. par an, l'enclos du fort, les digues et les fossés qui, quoiqu'à sec, ne produisaient que des roseaux et quelques mauvaises herbes; mais elle s'était réservé, avec la plate forme , alors couverte d'épines et de broussailles qui poussaient à travers des tas de cailloux et de débris de maçonnerie , le droit de passage pour y aller si besoin en était. Ce ne fut qu'en 1764 qu'il fut entrepris de défricher, déblayer et égaliser le terrain qui ne fut, finalement, mis en culture qu'à partir de I769...

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n démolit aussi, en même temps, une ancienne masure qui se trouvait entre le grand et le petit fort, et qui avait longtemps servi de corps de garde pour un poste avancé. Quoique les terres de la butte du fort et des parapets appelés vulgairement les digues du grand fossé furent jetées dans les excavations pour les remplir , ce fossé conservait encore fin XIX éme pas moins d'une profondeur de 1,50 m sur 7 à 8 de largeur en différens endroits. Comme la Petite Court, le fort à son tour a disparu... Aujourd'hui, rien ne rappelle sur le terrain l'existence de l'un ni de l'autre , et viendra un jour le temps où le souvenir en sera entièrement effacé de la mémoire des hommes. (Michaux , l'ainé.)

Siège de Valenciennes

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e règne de Louis XIV avait été très dur pour tous les habitants de l'Avesnois : ils subirent des impôts très lourds pour contribuer aux guerres successives contre les Pays-Bas. Il s'ensuivit un appauvrissement de la petite bourgade de Maroilles et de tous les vilages qui en dépendaient.1677, année du siège de Valenciennes, avait été encore plus désastreuse pour la haute vallée de la Sambre... de mai à décembre, on évalue à plus de 5.000 francs les sommes payées en argent par les seules communes de Taisnières-en-Thiérache et Noyelles, qui avaient journellement à satisfaire à des réquisitions en nature et aux logements militaires...

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a paix fut signée en 1713... Le pays était à bout de forces; les communes de notre région étaient si surchargées de dettes qu'il eût fallu appliquer partout le système employé précédemment à Ramousies de vendre tous les biens du village, et ce n'était plus possible ; car les fermes tombaient en ruines et les animaux domestiques avaient été enlevés ou étaient crevés de faim et de misère...

La misère des paysans Histoire de France, par François Guizot, France, 1875

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u'on en juge : de 1700 à 1713, le village de Maroilles eut à débourser pour frais de guerre 100.750 livres de France, et les localités avoisinantes n'étaient pas plus épargnées... Les municipalités temporisèrent et prirent des arrangements avec leurs créanciers. 

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l nous faut ici nous imaginer la vie de nos aïeux à cette époque, nos pauvres paysans, restés misérables de ces guerres incessantes, sous l'influence de la faim et du désespoir, n'ont probablement d'autres recours que de s'adonner à la contrebande et à la rapine.

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ans le Hainaut devenu français, plus de cinq cents exécutions capitales et légales ont eu lieu de 1678 à 1686, et en 1714, le gouverneur de Flandre et Hainaut prenait une ordonnancé concernant les vagabonds et voleurs de grands chemins...Les voleurs s'attroupaient, continuaient leurs exploits sur les grands chemins et autres lieux de passage, de sorte qu'il n'y avait plus de sûreté pour les voyageurs et les habitants des campagnes, il devint nécessaire d'y remédier, de détruire les perturbateurs du repos public et de rétablir la tranquillité.

Misères et malheurs de la guerre 1633 Jacques Callot

 

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l fut ordonné aux baillis, mayeurs et gens de loi de rétablir la garde dans les villages, jour et nuit. "Sitôt qu'ils auraient avis que des voleurs, vagabonds et autres gens inconnus sont sur leur territoire, la garde ainsi constituée devait appréhender ces individus, sonner le tocsin pour que les habitants des localités voisines soient prévenus et prêtent main-forte au besoin. ceux qui auront pris quelqu'un de ces voleurs auront deux louis d'or par tête".

Brigandage et contrebande

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éfense fut faite, sous peine de 50 florins d'amende, à tous les cabaretiers et autres habitants des campagnes de recevoir chez eux des inconnus voulant y coucher. Ils devraient d'abord en aviser les gens de loi qui examineraient les étrangers et les arrêteraient s'ils les trouvaient suspects. 

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uant à la classe moyenne, elle exécrait positivement les Français, surtout dans les villes ; car les guerres et les édits maladroits avaient tué le commerce et l'industrie, même les prêtres ne craignaient pas de prêcher en chaire le mépris du pouvoir, l'appel à la révolte...

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es populations manufacturières, mises dans l'impossibilité de vivre avec le système français, émigrairent en masse, alors que des mesures étaient prises pour les obliger à y demeurer. Le gouvernement alla même jusqu'à interdire les pèlerinages en Belgique... La noblesse avait donné l'exemple de ces départs en masse, presque toute elle avait abandonné le pays et servait à l'étranger.

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elles étaient les conséquences du gouvernement de Louis XIV. Son règne... en dépit de ses hontes... devait cependant être réparateur pour nos provinces, et particulièrement pour Maroilles et les villages environnants.... Taisnière sans doute parmis les premiers. 

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n effet... le siècle suivant le traité des Pyrénées se caractérise par une reprise économique et une forte prospérité : c'est l'âge d'or des fromageries, et notamment du fameux maroilles produit dans quelques grandes fermes proches de l'abbaye, qui poursuit son ascenssion et se fait progressivement connaître jusque Paris... 

Tisserand avec son métier en 1730

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Jacques et Catherine avait alors une belle famille... Nicolas, l'ainé d'au moins six enfants, marié à son tour en 1689 avec Jeanne Paindavesnes avait lui même 7 enfants quand le nouveau siècle débute, il a 34 ans, sans doute va-t-il décéder vers cette époque...il lui vient un fils, Antoine avant 1703, qui deviendra tisserand après quoi nous ne le rencontrerons plus dans les archives...

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n pouvait déjà augurer du succés de nos spécialités, quand, vers 1667, Louis XIV visita la localité de Maroilles en compagnie de son fils le dauphin Louis(3), on rapporte qu'ils auraient beaucoup apprécié la saveur d'un autre fromage au goût caractéristique dû à la présence de l’estragon. qui leur fut servi en collation, fromage que les habitants du pays décidèrent alors de mettre en forme et de baptiser "dauphin" en hommage à leurs illustres visiteurs.

FROMAGE-DAUPHIN

 

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ffectivement il n'est fait mention du fromage dauphin dans les comptes de l'abbaye de Maroilles qu'après 1670... Et l'on peut estimer, à juste titre avec Léon Albert Fargues, l'éminent historien du Maroilles, que la "création ou la modification d'un fromage ne se fait pas du jour au lendemain"... mais cela veut dire aussi qu'il existait auparavant sous un autre nom...

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ette version fait cependant l’objet de controverses...Une seconde version évoque « L’acte du Roi » déterminant les « Droits du Dauphin », signé par Charles VI en 1403 (4). Mais, à cette date, nous dépendons, ainsi que Cambrai, du Saint Empire Romain Germanique, il est donc peu probable que cet acte français ait pu déterminer la création, ou même la dénomination d'un Fromage ...

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roisième version (parfois cumulée dans la précédente)...Il est dit que dans cet acte du roi déterminant les droits du Dauphin les charretiers de Maroilles étaient exemptés de la taxe de 1 denier perçue à Cambrai sur chaque chariot du Hainaut qui passait dans la ville, le Dauphin aurait été créé en remerciement de cette exemption...Pour les mêmes raisons évoquées précédemment, et encore que l'évêque de Cambrai de l'époque, Pierre d'Ailly soit français, est-il possible que les actes du roi de France puisse ingérer dans les affaires de l'empire...

PIERRE D'AILLY

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l semble donc que seule la 1ère version puisse être raisonnablement défendue...

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e "dauphin" est issu de la fabrication du Maroilles. La seule différence réside dans l’incorporation de poivre, d'estragon et parfois du clou de Girofle au caillé juste avant la mise en moule. Le tout est malaxé, puis travaillé comme le Maroilles, mais à l'origine, c'était le produit de l'accomodement des maroilles brisés ou imropres à la vente... ils étaient concassés et malaxés avec les mêmes épices et par la suite moulés en forme de dauphin. 

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os aieux étaient imprégnés de religion, dans notre région de nombreux oratoires en font foi qui sont construits en « Pierre bleue », brute ou polie, provenant des carrières du pays. Ils sont particulièrement nombreux dans la région herbagère de la Thiérache le long des vallons de la Sambre et des Helpes. Ils se présentent généralement sous la forme d’un pilier, de section carrée, cylindrique, ou souvent octogonale, percé d’une niche cintrée à mi hauteur avec un toit arrondi surmonté d’une croix.

ORATOIRE DE TAISNIERES

 

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Taisnières-en-Thiérache, nous trouvons entre autres, l’oratoire Notre-Dame-de Walcourt, qui est situé au carrefour de Maroilles, c'est un joli édicule cylindrique en pierre bleue percé d’une niche située à mi hauteur fermée par une grille en fers plats protégeant une statue de la Vierge, un petit bénitier fait saillie sous la niche. Le toit en forme d’éteignoir est surmonté d’une croix de fer forgé. Notre-Dame-de-Walcourt était très anciennement vénérée dans toute la région, sa statue miraculeuse datant du XIII ème siècle est conservée dans la collégiale de Walcourt (Belgique) où se déroule depuis le XV ème siècle une importante procession pour la Fête de la Trinité. Deux autres oratoires lui sont dédiés à Boulogne-sur-Helpe et à Doulers.
Un autre oratoire de Taisnière-en Thiérache est dédié au « Dieu de Pitié » ainsi qu' à Boulogne-sur-Helpe, Dompierre-sur-Helpe, Saint-Martin-la-Rivière, notamment celui de Sémeriès (1543) et celui de Cousolre (1558), sont tous deux étudiés et décrits dans l'ouvrage sur les « Dieux de Pitié sur les terres des Ducs de Bourgogne » edité par l'association "Connaissance et Sauvegarde des Oratoires de nos Pays de France et de la Communauté Européenne". 

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'église de Taisnières que nous apercevons sur la vue de Croÿ et qui a vu se dérouler les sacrements les plus anciens de la famille Merveaux, apparait importante, construite en pierre et couverte d'ardoise, la chapelle forme faux croisillon et, ce qui parrait exceptionnel, c'est que la tour était implantée dans l'angle rentrant formé par le coeur et le croisillon sud, une maladresse de perspective par le peintre, donne l'impression qu'elle est placée en biais. Le clocher présente une toiture oblique à quatre pans, coupée d'un étage supplémentaire, lui-même couronné par une flèche à égout retroussé

EGLISE TAISNIERE

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'église actuelle, quant elle,a été bâtie en plusieurs fois : la tour a été construite en 1724 ; le clocher, qui la surmonte, a été élevé quatre ans après, en 1728. ce fut seulement 30 ans plus tard que le corps principal de l'église et le choeur furent érigés.

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n n'avait à l'origine que le projet d'agrandir l'église, en ajoutant à l'ancienne nef deux autres plus petites en appentis, mais ce projet ne reçut pas son exécution car au moment où l'on s'occupait de quelques travaux confortatifs, l'église, qu'on avait maladroitement dégagée des maçonneries qui lui servaient de soutiens s'écroula tout à coup. ..

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'abbaye fut alors dans le cas d'intervenir pour le choeur qui était à sa charge comme décimatrice, mais elle ne le fit que de mauvaise grâce...Ce ne fut pas sans réclamations, mais le travail fut très convenablement exécuté. Cependant les habitants de Taisnières les avaient tant aigris par des procès, des chicanes de toutes espèces qu'ils étaient contraints de mener pour défendre leurs droits, que les moines, pensèrent à un moyen habile d'exhaler leur bile et de publier gratuitement l'humeur de leurs ennemis qu'ils jugeaient par trop tracassière ... Sur la toiture, en ardoises d'une couleur différente, ils formèrent en une bordure trois lettres gigantesques V. D. P., ce qui signifiait "Village de Plaideurs", que les gens de Taisnières s'empressèrent de traduire par ceux de "Vilain Dom Paul", Dom Paul Bondu étant alors receveur de l'abbaye...

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endant les guerres du début 18e siècle, le fort n'étant plus là c'était dans l'église du lieu que les habitans retiraient leurs meubles et effets.

Ancien moulin vers 1600

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ur la vue des Albums de Croÿ, en 1601, nous l'avons vu, un moulin était visible le long de l'Helpe Majeure. Celui existant actuellement date des années 1760, ses roues sont dites par en dessous car c'est uniquement le choc de l'eau sur les aubes qui met en mouvement la roue. Les activités de brasserie sont encore exercées en 1731 sur la commune. A cette date, deux forges de maréchal sont également signalées.

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ependant la communauté de Taisnières fut contrainte de soutenir régulièrement et jusqu'en 1789, un grand nombre de procès contre les moines Un nouveau de ces procès commence entre le monastère de Maroilles et la commune de Taisnières au sujet du fromage à la vache, réclamé aux habitants toujours d'après les anciens titres. Débuté en 1775, ce procès ne se terminera qu'en 1780, par arrêt de la cour du parlement de Flandre, du 15 juillet, qui donna gain de cause à l'abbaye.

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 cette époque, les biens que l'abbaye de Maroilles possédait à Taisnières, étaient comptés pour les produits suivants :

1) La cense de la Court, sur les Catiaux, avec 21 rasières de pâtures tenant à la ferme, plus 3 autres pâtures, 3 prés, 37 parcelles de terres labourables ; plus la dime grosse et menue, et le terrage, comptés sur le pied de 16 p. 0/0.
Fermage de 1659 évalué à 1000 livres.

Moulin de Taisnière aujourd'hui

— de 1665 à 1666 pour 1200 l.
— de 1768 — pour 1660 l.
— de 1789 — pour 3165 l.
2) Les biens du Fondy à 1790 pour 270 l.
3) Le moulin de Taisnières, avec les biens en dépendant:
Fermage de 1765 évalué à 2250 livres.
— de 1768 évalué à 2400 l.
— de 1790 évalué à 2178 l.
4) Siège de rentes 1790 évalué à 2050 l.
5) Le quint de la massarde évalué à 300 l.

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es religieux avaient en outre eu soin d'imposer aux fermiers , en plus de certaines prestations, les frais d'une récréation qui devait leur être offerte un jour par an...

Récréation des moines

 

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es moines de l'abbaye s'enrichissent énormément ce qui n'est pas sans provoquer le mécontentement et la jalousie des paysans environnants mais cela n'aurait sans doute pas suffit, comme nous l'avons vu, l'abbaye prélevait une part importante du produit de la terre par la dîme d'une part, par le terrage et autres redevances seigneurales d'autre part...

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appelons que vers 1720 l'abbaye comptait entre 150 et 200 fermiers...A partir de 1770 des charges croissantes incitèrent les religieux à augmenter les dîmes, les paysans eux, répugnèrent de plus en plus à se voir enlever une partie du fruit de leur travail, ils étaient parfois soutenus par le curé réclamant, lui aussi, un revenu plus substentiel

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es archives locales relatent de nombreux litiges avec l’Abbaye de Maroilles, les paysans refusaient de faire leurs corvées si le seigneur, c’est-à-dire l’Abbé de Maroilles, n’avait pas préalablement fait curer ses chemins ; le moulin et le four banaux n’existaient pas, ni l’assolement obligatoire.

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 la veille de la révolution, les rapports entre les habitants et les moines s’envenimèrent et donnèrent lieu à un affrontement juridique ardu dans le « procès du Fromage à la vache ». Nous savons qu'au lieu de livrer leur lait de la Saint-Jean, les habitants des quatre villages de Saint-Humbert, Marbaix, Maroilles, Taisnières et Noyelles devaient acquitter une redevance d’un fromage par an et par vache. ..

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ontrairement aux engagements pris, les religieux fermèrent les pâturages à différents particuliers... Le litige ne devait être définitivement réglé qu’avec l’abolition des droits féodaux. ..

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outes ces tracasseries empoisonnaient la vie de tous les jours, peu à peu, la colère s'installait et grondait sourdement, bientôt... elle explosera dans un "vacarme" si grand que son écho parviendra jusqu'à nous...

 

Sources:

1) Gui de Laon, né à Laon et mort à Afflighem en septembre 1248 (ou 1247), prélat français du XIIIe siècle. Chancelier de l'église de Paris il est nommé évêque de Cambrai en 1238. En 1240, il confirme la division des prébendes canoniales d'Anvers, est l'auteur d'un ouvrage sur l'office divin. Il écrit également un Dialogue sur la création du monde et plusieurs Sermons sur la Passion. Eusile, abbesse de l'abbaye de Maubeuge, et les religieuses de ce monastère, se refusent à suivre la règle de saint Benoît et les dames de Maubeuge sont déclarées chanoinesses séculières par Alexandre IV. Gui veut purger la ville d'Anvers de plusieurs hérétiques , lorsqu'il tombe malade et mourut au monastère d'Afflighem.

(2) Charles de Habsbourg, archiduc d'Autriche et prince des Espagnes, né le 24 février 1500 au Prinsenhof de Gand en Flandre, et mort le 21 septembre 1558 au monastère de Yuste dans la province d'Estrémadure en Espagne, est un prince de la maison de Habsbourg, considéré comme le monarque chrétien le plus puissant de son temps. http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Quint

(3) Partie du sermon prononcé [par le fr. Maurice Lelong, o.p.] en l’église paroissiale de Maroilles (Nord), le 28 mai de l’an de grâces 1961, à la messe pontificale célébrée par le Révérendissime Père Abbé de l’abbaye Saint-Paul de Wisques, Dom Jean Gaillard, à l’occasion des fêtes commémoratives du Millénaire du fromage de Maroilles, sous la présidence de Son Excellence Monseigneur Jenny, évèque auxiliaire de l’archidiocèse de Cambrai, et radiodiffusé sur l’antenne nationale de France 3

(4) Philippe IV de Bourgogne fils de l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg et de la duchesse Marie de Bourgogne est né le 22 juillet 1478 à Bruges en Belgique. Il a 4 ans quand sa mère meurt précocement à l'âge de 25 ans d'une chute de cheval pendant une partie de chasse. Il hérite nominalement des deux Bourgogne (le comté et le duché), provinces venant de sa mère, et possédées avant elle par son grand-père, le dernier des grands ducs d'Occident, Charles le Téméraire. Cependant il ne peut profiter de cet héritage car le traité d'Arras en 1482 attribue ces deux provinces au roi de France Louis XI. Il faut attendre le traité de Senlis, en 1493, pour que le roi de France Charles VIII les restitue à la maison d'Autriche. Son père Maximilien Ier de Habsbourg est régent en son nom.

(5) "Dauphin" fut d'abord le surnom, puis le titre des seigneurs du Dauphiné, comtes de Viennois et à partir de 1349 le titre porté par le fils aîné du roi de France. Il désigne alors l'héritier présomptif de la couronne, jusqu'à son sacre. Pour avoir le titre de dauphin, il fallait non seulement être l'héritier du trône, mais aussi descendre du roi régnant. Ainsi François Ier, cousin de son prédécesseur Louis XII, ne fut jamais titré dauphin.Jusqu'à Henri II, on parlait de « dauphin de Viennois », après lui on parla de « dauphin de France ».(Wikipedia)

(6)Certains prétendent que c'était Charles VII en 1400 mais ...il n'était pas né à cette date...Plus surement il doit s'agir des modifications apportées lors de sa naissance en 1403 par son père pour assurer ses droits à la couronne...Le principe de la succession instantanée trouve une sanction formelle achevée avec les deux ordonnances de Charles VI qui, en 1403 et 1407, annulèrent la valeur légale du rite et son caractère obligatoire dans la transmission de l'autorité souveraine. Elles établissaient la reconnaissance immédiate du successeur au trône à l'instant même de la mort du roi précédent, indépendamment de toute cérémonie.Un peu plus tard, à la faveur d'un renforcement de l'autorité royale pendant la Guerre de Cent Ans, les principes fondant la continuité de la fonction royale et la perpétuité du pouvoir devaient trouver une élaboration doctrinale achevée avec le traité de Jean de Terre Rouge (1419), écrit pour défendre les prérogatives du Dauphin, Charles VII, menacées par la nomination du Duc de Bourgogne comme régent.

La vie dans le nord de la France au XVIIIe siècle : études, scènes et récits / René Minon Auteur : Minon, René (1868-19..)Éditeur : E. Lechevalier (Paris) Date d'édition : 1898

Société archéologique de l'arrondissement d'Avesnes. Mémoires de la Société archéologique